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Commentaires et tweets, exutoires de l’homophobie moins ordinaire

Quand j’étais collégien puis lycéen, dans les années 90, l’insulte par défaut, adressée à tout mec, c’était le bon vieux “pédé” et tout le florilège de ses variantes.Et malheur au garçon qui était un tant soit peu efféminé, il allait passer une sale scolarité.

Aujourd’hui il me semble que les jeunes sont moins dans cette police de l’hétérosexualité, mais la vieille garde fait toujours dans l’homophobie, sous couvert d’idéologie, ou de souci pour le bien être des enfants. Et tout ça dans avec le confort et la tranquillité des commentaires sur les news et les réseaux sociaux.

Les grands classiques

Les éructations homophobes sur les commentaires et les réseaux entrent dans plusieurs catégories.

C’est une minorité, c’est du clientélisme, ce n’est pas prioritaire

Exemple :
eol77 sur lefigaro.fr

Cependant une part non négligeable des Français lui tiendra rigueur d’avoir préféré verser dans l’esbroufe et le clientélisme sociétal, au profit d’une petite minorité, plutôt que de s’atteler à régler leurs vrais problêmes.

C’est une attaque très classique. On accuse souvent les hommes et femmes politiques qui portent des lois plus égalitaires de faire soit du clientélisme, soit une diversion, plutôt que de s’attaquer aux vrais problèmes, comme le chômage. Les personnes qui emploient cette objection ont sans doute une liste précise des priorités, et les personnes victimes de lois discriminantes devraient attendre gentiment que leur petites considérations pour plus d’égalité arrivent à l’ordre du jour, comme par exemple quand la France aura retrouvé le plein emploi et une balance financière favorable.

Touche pas à mon symbole

Exemple :
Un certain bien commun sur lemonde.fr

Il faudrait arrêter de confondre égalité et identicite (être identique) et utiliser par conséquent un autre terme que “mariage” afin d’éviter les captations d’héritage historique et symbolique et les confusions.

Et oui, les symboles, on ne veut pas les partager, chacun ses symboles.

Papa, maman, enfant, sinon rien

Exemple :
Mon follower Marc-Yvan Teyssier, tombé du clocher quand il était petit

Pour ces gens là, la fin du monde est proche, si jamais on laisse des enfants grandir avec des homosexuels.

Extrait de ma conversation avec le même Marc-Yvan :

Ceux là se dressent en défenseurs des enfants. Ils ont une certitude, un enfant ne peut se développer correctement sans un adulte XX et un autre XY.

Le gros problème de leur position, c’est qu’elle n’est qu’une opinion, sans lien réel avec les faits. Le fait que de nombreux enfants grandissent dans une famille mono-parentale ne semble pas les émouvoir, en revanche le mal fait aux enfants qui auraient 2 pères ou 2 mères leur apparaît comme évident, même s’ils n’expriment jamais concrètement de quoi ce mal serait fait.

Ont-ils peur que ces enfants ne soient incités à être homosexuels, ou bien est-ce l’absence de repère masculin ou féminin (ignorant l’existence des grands-parents, oncles et tantes, et autre entourage immédiat de ces enfants). Aucune étude sérieuse ne montre pour l’instant que les couples homosexuels sont des parents inférieurs aux couples hétérosexuels équivalents. Mais peu importe après tout.

Conclusion

Ce n’étaient là que quelques exemples. Ce genre de “résistances” est classique, et même si la chose est regrétable, on peut aussi l’interpréter comme les derniers sursauts d’une bête à l’agonie.

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